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The Digital Civilizations Interviews

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Daniela Cerqui (Suisse)

CERQUI

Anthropologue
Enseignante à l'Institut d'anthropologie de l'Université de Lausanne, D.Cerqui poursuit également des recherches au sein du Département de Cybernétique au sein de l'Université de Reading (Grande-Bretagne). En tant qu'anthropologue elle étudie les interactions entre technologies et sociétés, l'informatique omniprésente. Elle travaille en particulier sur l'implant de puces, en collaborant aux recherches de Kevin Warwick, qui implanta en 2002 la première puce dans un corps humain.

Le cyborg, le post-humain, c’est nous tous. Nous sommes tous engagés dans cette voie car nous portons des lunettes, acceptons les implants… Il ne faut pas subir ces changements technologiques et les recevoir passivement. Il est important de s’interroger sur les conséquences mais aussi sur les causes d’une telle évolution car les technologies sont porteuses de valeurs. Pourquoi vivons-nous avec les technologies ? L’utilisation de la technologie à des fins thérapeutiques est elle plus acceptable que si elle était employée à l’amélioration de l’humain ? La question anthropologique fondamentale, c’est la question de la définition de l’être humain. La grande nouveauté du XXème siècle, c’est que l’homme s’est donné les moyens techniques et scientifiques d’agir en vue d’améliorer l’humain. Le danger principal est de contribuer à sa disparition. Pour comprendre les changements en cours, il faut prendre en compte les valeurs que notre société place dans la technologie.

Ci’Num 2006

Régine Debatty (Belgique)

DEBATTY

Bloggueuse, commissaire d’expositions
Son blog «we-make-money-not-art.com» sur l'art, le design d'interaction et les technologies témoigne de l'utilisation et du détournement, des nouvelles technologies par les artistes, les amateurs et les hackers. Elle écrit également pour des revues d'art et de design telles que Art Review (UK) and Items (NL).

Les artistes rendent les technologies plus accessibles, plus drôles et souvent moins effrayantes. Ils poussent la technologie vers d’autres limites, d’autres usages et donnent une idée de ce que pourrait être demain. Enfin, ils parviennent à montrer les conséquences éthiques, culturelles, politiques des technologies. Par exemple, des artistes ont médiatisé un concept qui a fait grand bruit : celui d’injecter dans un arbre l’ADN d’une personne qui vient de mourir. Cette initiative a eu un retentissement important dans la presse et les réactions ont été très violentes. Certains s’interrogeaient sur les conséquences d’une injection dans un pommier. Pourrait-on manger les pommes ? Pourrait-on parler de cannibalisme ? C’est en proposant des exemples qui sont parfois choquants que les gens en parlent. Cela permet d’en montrer toutes les implications, les complexités, les contradictions.

Ci’Num 2006

Daniel Erasmus (Pays Bas)

ERASMUS

Consultant
Daniel Erasmus enseigne dans plusieurs Universités européennes et exerce son activité de consultant autour des stratégies politiques liées à l'Internet. Il est le co-fondateur du «Digital Thinking Network», un laboratoire d’idées qui étudie les impacts que les réseaux numériques peuvent avoir sur les sociétés et établit des scénarios sur les opportunités et les menaces d'une société numérique. Daniel Erasmus est également membre fondateur de l'Internet Society (ISOC).

S’engager dans Internet c’est s’engager dans le pluriel : il y a toujours un autre site, un point de vue contrastant, il y a toujours un autre. Nous sommes confrontés à quelque chose qui change en permanence et il devient donc très difficile d'utiliser le terme « valeurs » ou de s’appuyer sur quelque autre système référentiel fixe. C’est selon moi un problème fondamental de notre temps. Se pose alors une question d’éthique. Pouvons-nous être éthiques dans ce monde ? Dans ma relation à l’autre, et l’autre peut être absent ou peut être un groupe, mon comportement est-il éthique ?

Ci’Num 2005

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