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La politique quotidienne des citoyens s'organise de plus en plus en réseau, souvent aidés par l'internet et le téléphone mobile. Le SMS a changé l'issue des élections philippines de 2001 et des élections espagnoles de 2004. Face à la défaillance des institutions devant les conséquences du cyclone Katrina, les Américains se sont tournés vers l'internet pour échanger des nouvelles et partager des initiatives. Malgré la surveillance dont ils font l'objet, les blogs font vivre la contestation démocratique en Chine. Ailleurs, ils deviennent des sources d'information alternative, tandis que les vidéos politiques bannies de la télévision font surface sur Youtube. Et partout, les élus locaux se voient confrontés, face à leurs projets, à des groupes souvent informels, organisés et informés en réseaux. Les réseaux sont devenus le support de nouvelles formes de mobilisation et de nouveaux contre-pouvoirs. Ils n'ont pas pour autant déplacé les pouvoirs (ni les médias) en place. Et, sauf exception, ils ne sont pas encore devenus des lieux de construction politique, parties prenantes de la gouvernance d'un monde de plus en plus complexe.
Tout l'enjeu de la politique moderne est là : donner prise sur l'avenir, créer et utiliser des leviers d'action pour changer les choses, dans nos sociétés complexes, où une multitude d'acteurs est concernée, où l'information circule au sein d'une opinion plus éduquée, où le local influe sur le global et vice versa, où l'échelon national demeure important pour les citoyens alors que sa capacité d'action se réduit. Et réussir cela avec les citoyens. Relever ce défi passe par un «nouveau contrat» entre les institutions démocratiques et les citoyens en réseau et sans doute, une nouvelle relation à son territoire géographique.
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