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C'est désormais un lieu commun de dire que nous entrons dans une «société de la connaissance», mais on s'attarde moins sur les manières dont le statut et la nature de cette connaissance changent.
La connaissance est en effet devenue centrale pour au moins quatre raisons :
La «connaissance» nécessaire au XXIe siècle ressemble moins que jamais à une simple accumulation personnelle d'informations et de savoir-faire :
Derrick de Kerckhove appelle «intelligence connective» celle qui rassemble les efforts et les ressources mentales de nombreuses personnes, dans le temps, assistée par des systèmes qui l'accélèrent via l'ordinateur et l'étendent via les réseaux. Elle est pour lui une autre forme d'intelligence, partagée par nature, alors que nous sommes formés à tenir l'intelligence et la sensibilité pour des notions individuelles. Avec une vue plus opérationnelle, Pierre Lévy nomme «intelligence collective» celle qui vise à «améliorer de manière notable les processus de collaboration intellectuelle». Elle marie les réseaux de personnes (capital social), les réseaux d'infrastructures (capital technique), les réseaux d'informations (capital culturel) et les réseaux mariant personnes et idées (capital intelligence). Augmenter le niveau global des connaissances est donc indispensable pour vivre ensemble dans le monde de demain. Il s'agit à la fois de donner à chacun les moyens de son autonomie, et de développer l'intelligence collective qui conditionne autant la réussite économique, que notre capacité à relever les défis planétaires d'aujourd'hui. Mais c'est bien d'une autre forme de connaissance qu'il s'agit.
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