Aller au menu Aller au contenu Fr En

Les Entretiens des Civilisations Numériques

Précédente - Page 2 sur 6 - Suivante

Cette croissance s'accompagne d'un déplacement significatif des équilibres mondiaux :

  • Montée en puissance de la Chine, de l'Inde, du Brésil, de l'Afrique du Sud... à la fois comme producteurs, comme innovateurs, comme marchés et comme puissances politiques. La Chine sera la 2e puissance économique mondiale vers 2020 et l’Inde, la 3e vers 2030. Le commerce entre pays du Sud progresse deux fois plus vite que les échanges mondiaux. La coopération sud/sud mûrit et influe sur les négociations internationales.
  • Poursuite de l'intégration européenne qui fait sans doute du continent une zone de croissance modérée mais continue, et de stabilité. Cela n'empêche pas son déclin relatif vis-à-vis des pays émergents et notamment de l'Asie.
  • Domination persistante mais contestée des Etats-Unis : leur puissance technologique, financière et militaire, le poids du dollar, leur démographie favorable et leur capacité d'attraction de migrants assurent aux Etats-Unis une croissance supérieure à celle de l'Europe et un rôle géopolitique dominant. Mais le poids des déficits et des dépenses militaires, l'inefficience de son modèle énergétique et l'émergence de nouvelles superpuissances fragilisent les bases de l'Empire.
  • En revanche, l'Afrique et certains pays d'Amérique Latine, du Moyen-Orient et (dans une moindre mesure) d'Asie profitent moins que les autres de la croissance mondiale.

Le choc démographique

Le vieillissement des pays développés et peut-être même de la Chine, alors que les pays en développement continuent de voir croître leur population jeune, aura diverses conséquences économiques. Il entraînera tôt ou tard (mais pas avant 2020) un fléchissement du taux d’épargne et de la valeur des actifs financiers. Il ralentira la croissance. Il fera croître fortement certains transferts liés à l'âge (retraite, santé), asséchant d'autres capacités d'action publique et produisant des conflits (éventuellement larvés) de génération. Il fera remonter la durée du travail, sur la semaine et sur toute la vie. Il suscitera une forte demande d'emplois de services à laquelle seule une politique active d'immigration pourra répondre, mais dans une proportion qui ne suffira sans doute pas à contenir la pression des populations des pays pauvres.

Information, réseaux et énergies transforment la production

La fonction de production des entreprises se transforme sous l'effet de trois facteurs :

  • Une énergie chère, voire très chère (150, voire 250 $ par baril) ;
  • Un coût du travail sous forte pression, du fait de la concurrence mondiale ;
  • Le rôle croissant de l'information et des réseaux.

Conjointement aux réseaux, la numérisation abaisse les coûts de transaction et de coordination et contribue au renforcement de la concurrence, au reformatage des chaînes de valeur et d'approvisionnement, à la mondialisation. Elle raccourcit le cycle de vie des produits, très rapidement copiés, améliorés et banalisés : si la pression à la baisse des coûts par l'optimisation de tout ce qui peut l'être demeure très forte, seule l'innovation continue peut produire des avantages concurrentiels un tant soit peu durables. De ce fait, la tension sur la propriété intellectuelle restera forte, d'autant que la numérisation confère aussi à la connaissance un caractère de «bien public» (qui peut être dupliqué à coût nul et sans que son propriétaire originel en perde l'usage). Les pays riches, à main d'œuvre chère et vieillissante, ont particulièrement besoin de rester en tête de la course à l'innovation et intérêt à sa protection, mais les pays émergents ne se laisseront faire ni sur un plan (celui de la capacité d'innover), ni sur l'autre (celui de la capacité à bénéficier des connaissances et des innovations produites ailleurs).

Précédente - Page 2 sur 6 - Suivante


c4-web.com

Logo FEDER Logo SGAR aecom

Ce site a été cofinancé par le Conseil régional d’Aquitaine et, par décision du préfet de région, par le FEDER.