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Consommation énergétique en million de tonnes d’équivalent pétrole![]() Réserves énergétiques mondiales Pétrole : 40 années de consommation au rythme actuel (réserves prouvées). Charbon : 2 siècles de consommation au rythme actuel (réserves prouvées et probables). Gaz naturel : 40 années d’extraction au rythme actuel. Sources : Codigaz, United States Geological Survey, BP Statistical Review, Oil and Gas Journal. 2003| |
Notre modèle énergétique actuel repose sur l’utilisation quasi-exclusive de carburants fossiles (charbon, pétrole, gaz...) dont les réserves ne supporteront pas longtemps l’accélération de la demande mondiale soutenue par l’explosion démographique, la mondialisation et l’essor économique de pays émergents. Ces pays représentent plus du tiers de l’humanité et, dans une génération, consommeront largement plus que les pays industrialisés. Avec la montée de ces pays, le nombre de véhicules individuels devrait passer de 700 millions actuellement à 1,2 milliard en 2020 et à 1,4-1,5 milliard en 2030. On estime que 2 milliards d’habitants supplémentaires vont accroître la population urbaine. Pour les pays en voie de développement, cela reviendrait à construire l’équivalent d’une ville d’un million d’habitants par semaine d’ici 2050. Les schémas d’urbanisation seront décisifs quant à la quantité de l’énergie qui y sera consommée et quant à la quantité de gaz à effet de serre qui sera rejetée. D’autre part, la mondialisation, par l’intensification des échanges (transport aérien notamment), alimente la hausse générale de la consommation de ressources pétrolières. Le risque, à l'échéance de 20 ans, n'est pas l'épuisement des réserves, mais le dépassement des capacités de production et mise à disposition (extraction, transformation, distribution) des énergies fossiles. La tension sur ces capacités a déjà conduit le baril du pétrole à des prix sans précédent. Ceux-ci rendent rentable l'exploitation de nouveaux gisements (sables bitumineux, forages en eaux profondes...), le raffinage de pétrole de mauvaise qualité et le retour à certaines énergies telles que le charbon, augmentant de fait la taille des réserves exploitables. Mais même dans ces conditions, il est probable que la demande mondiale finira par excéder l'offre : c'est l'idée du peak oil. A ce niveau, même une augmentation de prix ne permettra plus d'ajuster la demande à l'offre, et de nombreuses économies souffriront de pénurie. Dans l'intervalle, nous devrons nous habituer à une économie dans laquelle l'énergie coûte très cher : on parle d'un baril à 150 ou même 250 $.
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