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Les webcams, qui offrent la vue aux ordinateurs, deviennent des périphériques banals, au même titre que les objectifs photo des téléphones mobiles. Non contentes de transmettre à nos interlocuteurs la vidéo de notre visage ou de notre intérieur, elles fonctionneront également comme des interfaces de dialogue en analysant nos expressions ou nos mouvements : elles sauront reconnaître nos traits, suivre notre regard ou le déplacement de notre nez, voire détecter notre humeur en fonction de notre expression faciale ou de notre attitude corporelle. Elles serviront aussi, bien sûr, d’outils de vidéosurveillance. Associées à des logiciels de reconnaissance de formes, elles deviendront capables de détecter un mouvement suspect et d’alerter qui de droit, voire d'aider à l'identification de suspects : avec plus ou moins d'efficacité et de précision, ces systèmes sont utilisés lors des contrôles d'identité dans les aéroports – ou encore dans le métro londonien, comme on a pu le constater après les attentats du 7 juillet 2005.
Les interfaces vocales enregistrent depuis quelques années d’importants progrès. On peut notamment espérer des progrès décisifs dans le domaine de la reconnaissance vocale. Associées aux technologies du langage, ils laissent espérer, non seulement un dialogue à peu près naturel avec de nombreuses machines apprenant en permanence, mais peut-être aussi le développement d’outils de traduction automatique réellement exploitables : l’objectif d’IBM, d'ici 2010, est de savoir traiter 28 langues. Les autres sens - Mais les terminaux ne devraient pas se limiter à l’ouïe et à la vision. Les diffuseurs d’odeurs ou au contraire les nez électroniques commencent à sortir des laboratoires – avec même une puce pour alerter en cas de mauvaise haleine (Siemens Mobile). Une langue électronique est capable de reconnaître les saveurs. Les interfaces haptiques (utilisant le toucher et la force) devraient également connaître de plus nombreuses applications pratiques en simulation, télé-intervention, enseignement, ou encore dans le jeu. N’importe quelle surface ou presque pourrait également devenir sensible et transmettre des informations à un logiciel [2] .
Coordonné par l’Institut Fraunhofer (Allemagne), le projet européen IPCA [3] s’est fixé pour objectif de permettre à des personnes pâtissant de handicaps moteurs lourds de piloter normalement un ordinateur, à partir de plusieurs types de capteurs. Les capteurs EMG (électromyographie), une série d’électrodes placées sur l’un des muscles que l’utilisateur parvient à contrôler, analysent les signaux électriques émis par les contractions du muscle. Pour les personnes qui maîtrisent des mouvements plus complets, un capteur d’inertie/gravité peut être attaché au poignet ou à la tête. Enfin, un capteur mesurant la conductivité de la peau détecte des évolutions de l’état émotionnel de l’utilisateur.
Il devient même possible de contrôler l’ordinateur… par la pensée, grâce à un électroencéphalogramme, qui permet par exemple à de jeunes handicapés de manipuler une souris pour naviguer sur le web ou jouer à des jeux vidéo. Les prochaines générations ne devraient plus nécessiter qu’un casque discret, plutôt que des implants cérébraux... Ces technologies devraient connaître plusieurs types d’applications : en direction des handicapés, afin de pallier la déficience d’un sens ou d’une fonction motrice ; dans la vie courante ou professionnelle, pour adapter les modes de dialogue utilisateur aux usages ou au contexte d’utilisation d’un service ou d’un appareil ; sans oublier les simulations, la télé-immersion et les jeux.
[2] «Use Any Surface As Interface: Sensitive Object» : http://www.masternewmedia.org/news/2004/11/25/use_any_surface_as_interface.htm
[3] http://istresults.cordis.lu/index.cfm/section/news/tpl/article/ID/74049/BrowsingType/Features
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