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Certains cherchent d'abord à accentuer le bien être des humains et se situent donc dans le domaine de la santé, mais poussé aux extrêmes. Leur projet consiste à considérer le vieillissement comme une maladie susceptible d'être guérie et donc d'obtenir l'éternelle jeunesse promise par les anciens mythes. Aujourd'hui, nombreux sont les scientifiques qui pensent que nous pourrons bientôt atteindre une longévité de 120 ans. Au delà, c'est la barrière de «Hayflick», programmée dans notre ADN et contre laquelle il faudra développer des technologies autres que la médecine normale. D'autres, notamment les militaires, cherchent à augmenter directement les facultés productives de l'être humain afin de le rendre plus efficace. C'est vraiment l'idée d'un «homme augmenté». On cherche à multiplier la force physique, les capacités intellectuelles, notamment la mémoire et la concentration (plus que la créativité). Enfin, un courant informel, considère essentiellement la technologie comme un instrument hédoniste en vue d'un développement personnel. Ce mouvement met en avant les libertés cognitives et morphologiques et est représenté aujourd'hui par des gens comme R.U Sirius, qui a concocté, dans les années 90, la notion de New Edge pour désigner cet hybride entre les courants neo-hippies ou cyberpunks et les labos de recherche.
Les pratiques actuelles pour augmenter la longévité restent assez limitées. Il semble qu'une restriction calorique très poussée soit en mesure d'augmenter la durée de vie d'environ 30%, mais cela n'a jamais été confirmé chez les être humains, et c'est une pratique très handicappante au quotidien. Les prises de divers compléments (des vitamines au DHEA) sont souvent controversées et pourraient même dans certains cas s'avérer dangereuses. Dans tous les cas, le gain de longévité resterait assez mineur. Pour Aubrey De Grey, inventeur du programme SENS, on prend le problème à l'envers. Il est impossible de stopper les causes du vieillissement parce qu'elles sont multiples, complexes et que toute action dans ce domaine peut s'avérer contre productive. En revanche, on sait comment s'exprime le vieillissement, par un nombre limité de symptômes qu'on sait tous traiter séparément. Il faut donc avoir une attitude «d'ingénieur» et non de médecin vis à vis du vieillissement : on peut réparer les «bugs» du corps lorsqu'ils s'expriment, sans avoir à maitriser ou comprendre les causes de ces «bugs». Au delà des idées de Grey, les projets de «supersanté» impliquent un corps humain transformé, soit par des organes artificiels (cyborg), soit par la nanotechnologie, soit par la biologie synthétique. On ignore si ces technologies donneront quelque chose de valable, mais si c'est le cas, on va bien au delà du domaine de la santé pour envisager des transformations plus profondes qui affecteraient considérablement la nature humaine. Au delà du «corps augmenté», certains transhumanistes rêvent de «l'uploading», téléchargement du contenu du cerveau sur un support informatique, ce qui garantirait au «patient» une immortalité virtuelle : rien n'empêcherait en théorie un tel «esprit» d'être copié, sauvegardé, téléchargé... Certains transhumanistes espèrent voir de leur vivant se réaliser ces progrès et s'intéressent pour cela à la «cryonique», une technologie qui serait susceptible, pensent-ils, de congeler leurs corps quelques minutes après le décès afin de le ressusciter lorsque la science en aura les moyens. Mais le moins qu'on puisse dire est que la cryonique est un domaine balbutiant, et les véritables spécialistes en cryogénie regardent d'un mauvais oeil la possible confusion de leur domaine, tout à fait sérieux, avec ce qu'ils considèrent comme des spéculations farfelues.
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