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En insistant sur l'expérience personnelle plutôt que sur la foi et les oeuvres, le New Age apparaît plutôt comme une gnose (connaissance se présentant non comme un savoir acquis, mais comme une intuition salvatrice, une révélation intérieure se fondant sur l'idée que le monde sensible est dominé par des puissances mauvaises, hostiles au Dieu transcendant) ce qui fait qu'il est perçu comme une menace importante par l'église catholique, qui considère, près de 2000 ans après l'éradication du gnosticisme, la gnose comme un adversaire toujours aussi dangereux (voir http://qe.catholique.org/sectes-et-spiritualites-diverses/3991-qu-est-ce-que-le-new-age). D'autres mouvements neo-religieux, qui partagent avec le New Age le goût de l'expérience individuelle et le rejet des formes traditionnelles de la religion, s'en séparent cependant par une esthétique beaucoup moins sereine et consensuelle. C'est le cas des nouveaux mouvements magiques, neopaïens et occultistes. Autre tendance religieuse qui ne se reconnaît pas comme telle, les formes les plus extrêmes de «transhumanisme», notamment le singularitarisme, qui présente une version «technologique» des traditionnelles doctrines apocalyptiques (le sauveur étant alors une machine super intelligente qui nous emmènera tous, ou au moins certains élus, vers un paradis digital). Cependant, ces différentes tendances, mouvements et modes culturelles ne possèdent guère d'influence par le nombre de leur membres, (la notion d'appartenance n'ayant d'ailleurs aucun sens dans la plupart des cas), mais par l'influence qu'ils exercent sur la «pop culture» (cinéma, jeux, bandes dessinées, voire nouvelles technologies, ainsi que le montre Erik Davis dans son ouvrage Techgnosis). La «wicca», par exemple, doctrine sorcière crée dans les années 50, a suscité récemment la mode des «teen witches» suite à la publication des écrits de Silver Ravenwolf et a culminé avec le succès du feuilleton «Charmed». La «sorcellerie» devient ainsi, peu à peu, un élément constitutif de la culture ado féminine. Des auteurs de bandes dessinées célèbres comme Alan Moore (Ligue des gentlemen extraordinaires, From Hell, V comme Vendetta) se font les ambassadeurs de la nouvelle pensée magique. La série «X files» véhicule une mythologie Ovni qui était underground dans les années 70 et bien sûr Richard Gere ou Umma Thurman se font les apôtres du bouddhisme. Si ces nouveaux concepts religieux se font menaçants pour les religions traditionnelles, c'est donc moins par les «conversions» qu'ils risquent de susciter que par l'amollissement des certitudes religieuses qu'ils entraînent. Cependant, il est probable que cette nouvelle religiosité reste un phénomène propre à la bourgeoisie occidentale. Dans les pays du sud, ce sont les cultes évangélistes et Born Again qui se multiplient dans des continents comme l'Afrique ou l'Amérique du sud (le Brésil, pays traditionnellement catholique, est en passe de devenir protestant). Alors que le bouddhisme est à la mode en occident, il décline en Asie. Des pays comme la Corée sont en train de devenir chrétiens et, au Japon, les nouvelles sectes bouddhistes empruntent largement aux évangélistes leur côté «émotionnel» et leur goût des grands rassemblements.
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