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En 2015, la tension montait dans le monde entier. Mais si vous viviez à Amsterdam, Sidney ou New York, vous pouviez très bien ne rien remarquer. Ces villes, ainsi que d’autres métropoles du monde développé, et même parfois du monde en développement (Delhi, Sao Paulo…), étaient prospères. Elles concentraient les centres de décision des entreprises, elles commandaient via les réseaux au mouvement des marchandises, des personnes et de l'argent. Là naissaient et s'expérimentaient les nouvelles idées. La technologie imprégnait ces villes, leur permettant, à elles et aux entrepreneurs qui y travaillaient, d’inventer des services innovants, de nouveaux espaces publics, des formes d’art originales et de nouvelles formes de relations à la fois réelles et virtuelles – tout en contrôlant et en sécurisant très étroitement leur territoire.
L’activité de ces villes étant en grande partie basée sur les services, il leur était plus facile qu'à d'autres de se montrer sensibles aux questions d'environnement. Les voitures restaient le moyen de transport dominant, mais les véhicules devenaient à la fois plus petits et plus intelligents. De nouveaux transports publics, comme des voitures en partage, des minibus à la demande, des ramassages d’entreprise, ont émergé.
Même les restrictions massives imposées aux déplacements internationaux qui ont suivi les attentats de Londres n’ont pas réellement atteint les principales villes. Ces métropoles formaient déjà un réseau soudé qui utilisait de nombreux moyens de télécommunication. Les grands groupes avaient appris à utiliser de plus en plus les systèmes de téléconférence et les espaces virtuels. Les entreprises pouvaient toujours, si nécessaire, réserver un vol sur mesure sur de petites compagnies aériennes privées réservées aux clientèles d'affaires.
Les grandes entreprises ne se sont pas non plus inquiétées de l’évolution générale vers un contrôle de plus en plus strict de l'internet. Là encore, les attentats de Londres ont servi de déclencheur, et rendu définitivement inaudibles les protestations des pionniers grisonnants de l'internet.
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