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Les Entretiens des Civilisations Numériques

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Les entreprises ont bien sûr suivi la tendance. Toutes les grandes entreprises se mirent à publier des engagements pour l’environnement, et la plupart d'entre eux s'appliquaient sérieusement à les respecter. Les petites entreprises et les sociétés des pays en voie de développement avaient pour leur part plus de mal à suivre. Elles se plaignaient souvent de ce que cette soudaine vertu servait aussi aux grands groupes à accentuer leur pression sur leurs sous-traitants et à évincer leurs petits concurrents.

Tout le monde n’appréciait bien entendu pas cette nouvelle orientation environnementale. Les plus libéraux craignaient que cette subite fièvre régulatrice n'étouffe la croissance et n'engendre des conséquences pires que les problèmes qu’elle était destinée à résoudre. Les producteurs de pétrole, qui avaient jusqu'alors lourdement investi dans de nouvelles méthodes d'extraction en tablant sur une croissance continue de la demande, commencèrent à s'inquiéter. Mais leur lobbying contre les écotaxes se heurtait à une opinion publique qui estimait qu’ils avaient une responsabilité morale (et dans certains cas, politique) toute particulière vis-à-vis de l'état dans lequel se trouvait la planète. La Californie, rapidement suivie par l’Europe en 2013, adopta ainsi son écotaxe dès 2012.

Aussi, lorsqu'une série d’attentats frappa presque simultanément les capitales de certains Etats les plus en pointe en matière d'environnement, on s'interrogea : d'où sont venus les ordres, et les moyens considérables requis par une telle opération ? Londres fut frappée la veille de la fermeture des Jeux Olympiques de 2012 – présentés comme le premier événement sportif majeur «zéro CO2» –, et plus de 4000 personnes y trouvèrent la mort. Rome, la seconde ville visée, avait, la première, pris partie pour l'écotaxe Européenne et son gouvernement était l'un des plus actifs du groupe des pays «éclairés» (c'est ainsi qu'ils se désignaient eux-mêmes). Puis vinrent le tour de San Francisco et de Delhi, quelques mois après l’annonce par le gouvernement Indien de son intention de lancer une » seconde révolution verte » dans le tiers-monde, qui associerait productivité agricole et durabilité environnementale, et mettrait par ailleurs l'accent sur les biocarburants.

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